Le Maroc s’apprête à vivre l’un des rendez-vous politiques majeurs de l’année. Le 23 septembre 2026, les électeurs seront appelés aux urnes pour élire les 395 députés de la Chambre des représentants. Au-delà du renouvellement du Parlement, ce scrutin déterminera la future majorité parlementaire et ouvrira la voie à la formation d’un nouveau gouvernement.
À moins de deux mois de l’échéance, plusieurs questions reviennent : qui peut voter ? Comment les députés sont-ils élus ? Quel sera le rôle du parti arrivé en tête ? Voici les principales réponses.
395 députés à élire
Les élections permettront de renouveler l’ensemble des membres de la Chambre des représentants, institution chargée d’adopter les lois, de voter le budget, de contrôler l’action du gouvernement et d’évaluer les politiques publiques.
Les électeurs ne choisissent pas directement un candidat, mais votent pour une liste présentée par un parti politique dans leur circonscription. Les sièges sont ensuite répartis selon les résultats obtenus par chaque formation.
Sur les 395 sièges, 305 sont attribués dans les circonscriptions locales, tandis que 90 sièges sont répartis au niveau des circonscriptions régionales, un mécanisme destiné notamment à renforcer la représentation des femmes au Parlement.
Le quotient électoral, calculé sur la base du nombre d’électeurs inscrits et non des seuls suffrages exprimés, reste inchangé. Ce système favorise une représentation plus diversifiée et rend plus difficile l’obtention d’une majorité absolue par un seul parti, encourageant ainsi la formation de coalitions gouvernementales.
Qui peut participer au vote ?
Le droit de vote est ouvert à tous les citoyens marocains âgés de 18 ans ou plus, à condition d’être inscrits sur les listes électorales.
En prévision du scrutin, une révision exceptionnelle de ces listes a été organisée du 15 mai au 13 juin, permettant aux nouveaux électeurs de s’inscrire et aux citoyens ayant changé de résidence de mettre à jour leur situation administrative.
Le jour du scrutin, chaque électeur devra se présenter dans son bureau de vote muni des documents exigés. Après vérification de son identité, il pourra voter dans le respect du secret du scrutin avant le dépouillement des bulletins.
Une campagne sous le signe du numérique
Ces législatives se déroulent dans un contexte marqué par la montée en puissance des outils numériques et des réseaux sociaux dans la vie politique.
Les autorités prévoient un encadrement renforcé de l’utilisation des contenus numériques, notamment ceux générés par l’intelligence artificielle, afin de limiter la diffusion de fausses informations ou de contenus susceptibles d’influencer le vote.
Le contrôle du financement des campagnes électorales demeure également un axe majeur. Les partis et les candidats restent soumis à des obligations de transparence concernant leurs dépenses et l’origine des fonds mobilisés.
Les discussions se poursuivent par ailleurs autour des mécanismes destinés à favoriser une représentation accrue des jeunes et des femmes au sein des institutions élues.
Une campagne dominée par les enjeux sociaux
Comme lors des précédents scrutins, plusieurs grands dossiers devraient rythmer la campagne électorale.
Le pouvoir d’achat, l’emploi, la réforme du système de santé, l’éducation, la protection sociale, la gestion des ressources en eau, l’investissement et la compétitivité économique figurent parmi les principaux thèmes sur lesquels les partis seront attendus.
Le paysage politique reste marqué par la présence de plusieurs formations majeures, notamment le Rassemblement national des indépendants (RNI), le Parti authenticité et modernité (PAM), le Parti de l’Istiqlal (PI), l’Union socialiste des forces populaires (USFP), le Mouvement populaire (MP), le Parti du progrès et du socialisme (PPS) et le Parti de la justice et du développement (PJD).
Comment sera formé le prochain gouvernement ?
Une fois les résultats définitifs proclamés, le processus institutionnel se poursuivra conformément à la Constitution.
En application de l’article 47, le Roi nommera le chef du gouvernement parmi les membres du parti arrivé en tête des élections. Celui-ci entamera ensuite des consultations avec les autres formations politiques afin de constituer une majorité parlementaire.
La durée de ces négociations dépendra de l’équilibre des forces issu des urnes. En 2021, près d’un mois s’était écoulé entre le scrutin du 8 septembre et la nomination officielle du gouvernement, annoncée le 7 octobre.
Une fois la coalition constituée, le nouvel exécutif présentera son programme devant la Chambre des représentants. Le gouvernement devra ensuite obtenir le vote de confiance du Parlement avant d’entrer pleinement en fonction.
Les législatives du 23 septembre ouvriront ainsi un nouveau cycle politique dont les équilibres détermineront les orientations du Royaume pour les cinq prochaines années.


